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yoga des yeux

les illusions

un monde insolite

Les illusions sont les témoins des mécanismes de la vision et confirment que notre perception du monde est une construction mentale. Le cerveau visuel cherche à mettre du sens, il amplifie les contrastes, crée des contours, de la couleur, des perspectives, du relief, du mouvement, en fonction de ce qu’il connaît déjà.

Les constructions impossibles au cours des siècles

Les différentes parties de l’image que nous regardons suscitent des interprétations incompatibles entre elles. Il se produit donc une impression étrange qu’a su exploiter à merveille les artistes au cours du temps

1898-1972 Escher est considéré comme le maître des objets impossibles. Il joue avec notre raison, invente de nouvelles représentations spatiales  qui n’existent que par le dessin.

Années 1950 , cet escalier est une figure trouvée par le mathématicien anglais Penrose : quand on le suit des yeux dans le sens des aiguilles d’une montre on descend indéfiniment et on monte indéfiniment dans le sens contraire.

Plus récemment, l’escalier de Penrose a inspiré une séquence du film Inception où les personnages montent et descendent pour s’exercer au monde paradoxal des rêves…Inception the Paradox de Christopher Nolan 2010.

Les illusions de mouvements

Les illusions de mouvements sont impressionnantes car elles naissent d’une images fixe. L’effet est produit par l’utilisation de motifs répétés et la façon dont les différentes couleurs sont agencées. Le cerveau confond analyse des contrastes et mouvements. Lorsque la vision périphérique capte des variations de luminosité, le cerveau interprète cela comme un mouvement.

(attention : déconseillé aux personnes sujettes à la cinétose ou ayant un terrain épileptique)

Illusion de Akiyoshi Kitaoka, avec son aimable autorisation. A. Kitaoka « Trick eyes » ©Tokyo: Kanzen 2002.

Illusion de Akiyoshi Kitaoka avec son aimable autorisation. A. Kitaoka « Trick eyes » ©Tokyo: Kanzen 2002

Les illusions de couleurs

Les illusions de couleurs sont également très nombreuses car la perception de la couleur d’une forme ou d’un objet dépend de son environnement lumineux.

1961, Itten de l’école du Bauhaus met en évidence les rapports des couleurs dans ses Etudes Chromatiques. Le cerveau distingue les couleurs par rapport au milieu environnant. Ici le jaune intensifie le bleu du carré de gauche et le orange diminue la nuance bleu du carré de droite.

 

1970, Munker : L’orange du premier carré et le vermillon du deuxième sont exactement du même rouge.

Le vert pomme du troisième carré et le bleu-vert du quatrième sont du même vert.

 

1910, illusions de Hermann : nous percevons des tâches grises entre les carrés noirs, pourtant il n’y en a pas !

Les cellules de la rétine chargées de transmettre les informations de luminosité au cerveau adaptent l’information concernant la luminosité d’une zone en fonction de la luminosité des zones voisines. C’est ce qui se passe aux intersections des lignes blanches entre les carrés. Ces croisements sont entourés de beaucoup plus de blanc que les lignes seules. Pour les cellules rétiniennes qui collectent les données concernant le croisement, cela ce traduit par « trop de blanc par rapport au reste de la figure». Leur réaction consiste à en minimiser une partie, ce qui vous fait voir les intersections moins lumineuses qu’elles ne le sont.

Par contre en fixant les croisements, vous faites intervenir les cellules de la fovéa. Cette zone centrale de la rétine travaille de manière différente, elle réalise moins de correction en fonction de l’environnement et vous voyez les croisements parfaitement blanc !

Les illusions « marqueurs » de civilisations

Malgré une organisation générale commune du cortex visuel, les apprentissages et le vécu diffèrent d’une personne à l’autre, d’où une sensibilité variable à certaines illusions et des degrés de perception différents celons les cultures.

Deux illusions intéressantes d’après « L’influence de la culture et de l’environnement sur notre perception visuelle » de Robert Laws.

Illusion subjective de Kanizsa. Nous voyons un cube et un carré qui n’existent pas


Illusion subjective du T renversé de Muller-Lyer. La verticale paraît plus longue que l’horizontale, alors qu’elles sont de la même longueur.

En Europe ces illusions sont plus fortes que pour d’autres groupes culturels vivant en Afrique par exemple, car nous vivons dans un monde avec de nombreux angles droits (immeubles, murs verticaux, plafonds et sols horizontaux…). Au contraire des peuples vivant dans environnement dominé par des lignes courbes ou ceux qui se déplacent essentiellement dans la forêt.

Hallucinations

Oliver Sacks Neurologue décrit le syndrome de Charles Bonnet – lorsque les malvoyants présentent des hallucinations lucides. Hallucination: Perception de sensations, sans objet extérieur qui les fasse naître. Il faut différencier l’hallucination de l’illusion. En effet, l’illusion consiste en une mauvaise perception d’un objet bien réel.

Il décrit les expériences de ses patients en détail et nous guide à travers la biologie de ce phénomène.