Expo Cy Twombly ou la vision du « gaucher »

Cy Twombly a longtemps été un mythe. Invisible, il exposait à intervalles irréguliers des œuvres sur toile et sur papier, plus rarement des sortes de sculptures faites de bouts de bois et de branches peints en blanc. Né en 1928 à Lexington, Virginie, Cy Twombly est décédé en 2011, à l’âge de quatre-vingt-trois ans, à Rome où il a passé une grande partie de sa vie. Unanimement salué comme l’un des plus grands peintres de la seconde moitié du 20e siècle.

Au début, la critique a fort malencontreusement rapproché l’œuvre de Twombly à du graffiti, et même parfois à du gribouilli !!. Peut-être parce que Twombly racontait avoir fait certains de ses premiers dessins dans le noir, lors de son service militaire, ce que Roland Barthes qui a écrit sur l’artiste à de nombreuses reprises, commente ainsi :« […] le “gauche” (ou le “gaucher”) est une sorte d’aveugle : il ne voit pas bien la direction, la portée de ses gestes ; sa main seule le guide, le désir de sa main, non son aptitude instrumentale ; l’œil, c’est la raison, l’évidence, l’empirisme, la vraisemblance, tout ce qui sert à contrôler, à coordonner, à imiter, et comme art exclusif de la vision, toute notre peinture passée s’est trouvée assujettie à une rationalité répressive. D’une certaine façon, Twombly libère la peinture de la vision, car le “gauche” (le “gaucher”) défait le lien de la main et de l’œil : il dessine sans lumière (ainsi faisait Twombly, à l’armée) ». Roland Barthes, le « champ allusif de l’écriture ».

La rétrospective du centre Pompidou (janvier à mars 2017), rassemble 140 peintures, sculptures, dessins et photographies, et couvre soixante années d’une carrière exceptionnelle. Share and Enjoy ….

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